Le long chemin du débat public autour du terminal méthanier
Jeudi soir j’ai assisté au Kursaal au neuvième et dernier débat public sur le projet de terminal méthanier à l’issue duquel je suis resté quelque peu perplexe sur la pertinence de l'utilisation de la démocratie participative... à marche forcée. A trop en faire on en viderait presque la substance de ce principe auquel je tiens particulièrement. Quel est véritablement l’intérêt d’entamer des redondances et de faire intervenir trente acteurs rendant ainsi le débat lourd et indigeste... et parfois démagogiques!
Au-delà de la forme, le fond du débat a permis de rappeler l’importance et l’attention à considérer pour un tel projet industriel. Ce dernier porte sur la construction et l’exploitation d’un terminal portuaire destiné à accueillir des navires transportant du gaz naturel liquéfié en vue de son retraitement et de son introduction dans le réseau de transport terrestre de gaz. Le Port autonome et EDF souhaitant créer ce terminal méthanier au port Ouest (soit sur le site du Clipon à Loon-Plage, soit sur celui des Huttes à Gravelines), la Commission Nationale du Débat Public, autorité administrative indépendante, fut saisie afin de soumettre le projet au débat public (action inédite pour des opérateurs privés).
Ainsi depuis le 5 octobre, neuf réunions publiques se sont tenues afin que chacun – institutions, associations, entreprises, particuliers, etc. – puisse s’exprimer librement sur le sujet. Cette "démocratie participative forcée" a prouvé ses limites par la répétition de messages souvent similaires, qu'ils soient favorables ou défavorables au projet.
Pire elle a offert une tribune à des personnalités pour lesquels le mot même de démocratie est une injure, comme le représentant de l'extrême-droite, Monsieur Eymery qui a tout de même eu le culot de dire que ce projet devait faire la part belle à l'insertion. Un discours pour le moins surprenant (et inacceptable) pour un personnage qui, constamment, vote, que ce soit à la ville de Dunkerque ou à la Communauté urbaine, contre toutes les mesures de solidarité et d'insertion...
Je me suis aperçu aussi que certains semblaient parfois plus enclins à profiter de ces débats pour remettre en cause la politique globale du développement dunkerquois plutôt que d’apporter de réelles contributions au projet (ou contre), pourtant essentiel, du terminal méthanier.
Il est important alors de rappeler les raisons pour lesquelles l’agglomération dunkerquoise a fait le choix d’une politique basée sur un développement industriel responsable.
Organisées depuis 1960 autour de deux grands pôles (sidérurgie/métallurgie et le portuaire), la Ville de Dunkerque et son agglomération ont connu dans les années 80 un choc économique majeur. Nécessitant une intervention rapide, réfléchie et efficace afin de remédier au chômage et aux répercussions profondes sur la vie sociale, urbaine et économique, le choix a été fait d’un développement à vocation industrielle à condition de se doter des moyens de maîtriser progressivement l’environnement industriel et de donner une nouvelle image d’une agglomération industrielle.
Ce choix, relançant l’économie dunkerquoise, présente chaque année des résultats particulièrement intéressants par la mobilisation des acteurs autour de l’environnement. Le territoire est aujourd’hui exemplaire et innovant dans sa stratégie industrielle et dans la prise en compte du développement durable (en témoignent les nombreuses reconnaissances : Prix européen des villes durables en 1996, Défi de la Terre en 2006, Marianne Verte en 2007, etc.).
Le projet de terminal méthanier s’inscrit parfaitement dans cette optique de développement responsable. Il s’accompagne non seulement de nombreux outils d’analyse en regard de l’environnement et des risques (Schéma d’Environnement Industriel, comité spécifique chargés des impacts, etc.) mais aura aussi des conséquences socio-économiques extrêmement favorables.
Les recettes fiscales générées pourraient atteindre un montant annuel de 20 millions d’euros aux collectivités, soit autant de recettes consacrées aux politiques publiques, et donc implicitement, réinjectés dans l'économie dunkerquoise. D’autre part la phase de construction nécessitera jusqu’à 1 200 employés, et débouchera sur de nombreux postes directs et indirects. Enfin, ce projet pérenniserait la stratégie territoriale de recherche et de performance environnementale des industries dunkerquoises au travers d’une plate-forme de l’innovation.
Ce projet devient donc une opportunité stratégique permettant de conforter notre territoire comme pôle énergétique européen, et, au-delà, d’asseoir le déploiement d’une plate-forme de recherche et d’innovation. Dans le même temps sera vérifié avec attention la maîtrise des enjeux environnementaux et sécuritaires, et de manière plus globale des exigences du développement durable.
mardi 11 décembre 2007, à 15:45
Regard sur l'actu
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Commentaires
1. Le mardi 11 décembre 2007 à 16:05, par Magali
2. Le mardi 11 décembre 2007 à 19:18, par Le Vuyt
3. Le mardi 11 décembre 2007 à 22:49, par bernard
4. Le mercredi 12 décembre 2007 à 08:42, par jmm
5. Le mercredi 12 décembre 2007 à 11:36, par Fournier Alain
6. Le mercredi 12 décembre 2007 à 11:47, par dkman
7. Le mercredi 12 décembre 2007 à 19:42, par Jean-Michel POUJOLAT
8. Le jeudi 13 décembre 2007 à 09:27, par Plouf
9. Le jeudi 13 décembre 2007 à 14:54, par Magali
10. Le jeudi 13 décembre 2007 à 17:54, par xavier-2
11. Le vendredi 14 décembre 2007 à 15:45, par val+
Réponse de Michel Delebarre le vendredi 14 décembre 2007 à 17:23
12. Le vendredi 14 décembre 2007 à 17:47, par Magali
13. Le samedi 15 décembre 2007 à 10:59, par xavier-2
14. Le samedi 15 décembre 2007 à 12:33, par gh
15. Le dimanche 16 décembre 2007 à 14:01, par Jean-Louis GADEA
16. Le lundi 17 décembre 2007 à 11:49, par dkman
Réponse de Michel Delebarre le lundi 17 décembre 2007 à 15:51
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