On sait depuis des mois que la situation économique et budgétaire de plusieurs pays européens est catastrophique. Hormis des déclarations d’intention, très peu de choses ont été faites pour résorber, de manière solidaire, ces difficultés.

Les atermoiements des gouvernements de la zone euro (à commencer par la France et l’Allemagne) ont largement fragilisé la situation de la Grèce la rendant très vulnérable vis à vis des marchés. Les spéculateurs ont pu s’en donner à cœur joie en jouant sur les taux d’intérêt de la dette grecque. Par ailleurs, la solidarité européenne n’est pour le moment pas évidente puisque les pays qui vont alimenter la Grèce empruntent aujourd’hui sur les marchés à hauteur de 3% sur des dettes à dix ans et que le taux demandé à ce pays est grimpé mardi à plus de 10% !!! Quel paradoxe…

On sait pourtant qu’il est plus que nécessaire de mettre en œuvre un plan de soutien à la Grèce sauf à accepter une crise lourde, durable mais aussi contagieuse pour tous les pays de l’UE. La solidarité européenne ne doit pas pour autant être confondue avec la charité. L’Union Européenne est désormais une communauté de destin.

Il faut demander aux Grecs des efforts budgétaires, c’est indispensable. Cela dit, réparer les errements budgétaires est une chose. Être la proie sans défense de la spéculation en est une autre. La vraie question est de savoir si l’Europe est capable d’assurer l’assistance à un Etat membre en danger.

Mon sujet d’inquiétude est de constater le dysfonctionnement de l’Union Européenne (que le chef de l'Etat français et le gouvernement ne cessent d’attiser pour des considérations politiciennes) sur ce sujet comme sur d’autres. C’est de voir que l’Europe politique disparaît petit à petit au profit des marchés et des spéculateurs. Que les égoïsmes nationaux reprennent le dessus sur la volonté commune de construire une Europe plus juste et plus solidaire. Qu’il est facile de débloquer des centaines de millions d’euro pour sauver le système bancaire et financier mais que les pays de l’UE ont du mal à trouver les moyens de sauver un des leurs.

C’est vraiment d’une Europe qui ne parle que d’une seule voix dont nous avons besoin. Je continuerai pour ma part à travailler, jour après jour, à la construction d’une vraie Europe politique, sociale et économique qui serve réellement tous les citoyens européens, une Europe des régions et des collectivités locales qui, elles, savent mieux que quiconque le poids et la nécessité de la solidarité !